6 Réduire l’extrême pauvreté et la faim


© PNUD / Djibril SY

L’extrême pauvreté est la réalité quotidienne de 1 milliard des personnes qui vivent avec moins de 1 dollar par jour. Le Sénégal a enregistré une baisse significative de l’incidence de la pauvreté, la proportion des individus vivant en dessous du seuil de pauvreté étant passée de 57,1% en 2001 à 50,6% en 2005. Entre 1996 et 2005, on a également noté une baisse de la plupart des enfants soufrant d’insuffisance pondérale.
Cible 1 :   
Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la  proportion de la population dont le revenu  est inférieur à un dollar par jour.
Cible 2 :
Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim.

Où en sommes-nous ?


Source : Programme Alimentaire Mondial, Evaluation de la sécurité alimentaire dans les ZAR. Note de synthèse. Février 2012.

L’incidence de la pauvreté est estimée à 46,7% en 2011. Elle est en recul par rapport à 2005 (48,5%) et à 2001 (57,3%). La population rurale, avec 57,3% d’incidence, tire l’incidence nationale de la pauvreté vers le haut. L’analyse spatiale de la pauvreté montre trois catégories de régions :

  • Régions à très forte incidence de pauvreté (plus de 60%) : Kolda, Sédhiou, Kédougou, Tambacounda, Kaffrine, Ziguinchor, Fatick et Kaolack ;
  • Régions à forte incidence de pauvreté (entre 40% et 60%) : Diourbel, Matam, et Thiès ;
  • Régions à incidence de pauvreté moyennement forte (moins de 40%) : Dakar, Louga et Saint-Louis.

Concernant la faim, l’objectif visé par le Sénégal est d’atteindre un taux de 10% d’enfants présentant une insuffisance pondérale. Entre 1992 et 2010, la prévalence de l’insuffisance pondérale a reculé de 20% à 17%. Au Sénégal, deux facteurs principaux conditionnent la disponibilité alimentaire : la production agricole nationale et les importations de produits agro-alimentaires. Ainsi la sécurité alimentaire du pays est très vulnérable aux conditions climatiques qui déterminent en grande partie les rendements des cultures, et aux contraintes environnementales, notamment la dégradation de l'environnement, ainsi qu’aux fluctuations de prix des produits agro-alimentaires et du pétrole.

 Le taux de chômage au niveau national est de 10,2% en 2011. En termes de disparités régionales, les taux de chômage les plus élevés concernent les régions de Louga (13,6%), Dakar (13,9%), Saint-Louis (15,2%) et Diourbel (17,5%).

Progrès réalisés par le Sénégal pour atteindre l’OMD 1

La tendance baissière de l’incidence de la pauvreté se poursuit même si la pauvreté a plus reculé sur la période 2001-2005 que sur 2005-2001. Ce ralentissement du rythme de réduction de la pauvreté peut être imputable, entre autres facteurs, au ralentissement de l’activité économique et à l’essoufflement des programmes spécifiques de lutte contre la pauvreté.

Entre 2005 et 2010 ce sont les régions de Louga, Tambacounda et Ziguinchor qui ont enregistré les baisses les plus significatives de la pauvreté grâce aux transferts des migrants et aux nouvelles opportunités de revenus in situ. Par contre, une progression de l’incidence de la pauvreté a été enregistrée à Kolda (+15%), Kaolack (+9,7%) et Saint-Louis (+4,6%) à cause, entre autres, d’absence d’opportunités d’activités génératrices de revenus.

La légère amélioration des indicateurs de nutrition de 2000 à 2005 résulte de la mise en œuvre des stratégies de Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant (PCIME), du Paquet d’Activités Intégrées de Nutrition (PAIN) qui ont été supportés par le Programme de Renforcement de la Nutrition (PRN). Aussi, une Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM) et un Conseil National de Sécurité alimentaire (CNSA) ont été créés et placés sous la tutelle directe du Premier Ministre. De plus, des politiques sous-sectorielles relatives à l’agriculture, l’élevage et l’environnement et la pêche ont été définies sur la base de la Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastorale (LOASP) qui matérialise une vision de l’agriculture sénégalaise et présente les axes stratégiques de développement agricole sur le long terme.

La dynamique des résultats enregistrés montre que le rythme d’évolution des indicateurs est lent et ne plaide pas en faveur d’une réduction conséquente de la pauvreté en 2015. Au regard des résultats obtenus sur la période 2000-2011 et attendus en 2015 en matière de réduction de la pauvreté, le Gouvernement et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ont décidé  d’accélérer la réalisation de l’OMD 1 par une politique de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Plusieurs programmes et projets ont ainsi été identifiés dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement Economique et Social.

Mesures prioritaires

Pour vaincre l’extrême pauvreté en milieu rural, les programmes et stratégies de développement mis en œuvre consistent à accroître les opportunités d’activités génératrices de revenu, à accélérer la construction d’infrastructures économiques et sociales, à réduire les inégalités de genre dans l’accès à la terre, aux intrants et à la formation, ainsi qu’à accorder plus d’attention aux régions périphériques touchées par l’insécurité.

La lutte contre la faim implique plusieurs actions dont une meilleure coordination institutionnelle des acteurs en relation avec le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, la promotion de pratiques alimentaires appropriées chez le jeune enfant et la mère ainsi que l’amélioration des pratiques d’hygiène et de santé. En outre, il est préconisé  d’étendre les mécanismes de protection sociale aux ménages vulnérables, au monde rural et au secteur informel à travers des transferts monétaires.

Nos histoires

1.28 années
d'ici
à 2015

1990 2015
Cibles
  1. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour
    • La crise économique mondiale a entraîné un ralentissement des progrès, mais le monde reste en passe d’atteindre la cible relative à la réduction de la pauvreté.
    • Avant la crise, la pauvreté avait diminué en gravité dans presque toutes les régions.
  2. Assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif
    • La détérioration du marché du travail, déclenchée par la crise économique, a entraîné une baisse brutale de l’emploi.
    • Avec la perte d’emplois, un nombre croissant de travailleurs est obligé d’accepter des emplois précaires.
    • Depuis la crise économique, un nombre croissant de travailleurs se retrouvent dans une pauvreté extrême avec leurs familles.
  3. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim
    • La faim est peut-être remontée en flèche en 2009, l’une des terribles conséquences des crises alimentaire et financière mondiales.
    • Les progrès en vue d’éradiquer la faim patinent dans la plupart des régions.
    • En dépit de certains progrès, un enfant sur quatre souffre encore d’insuffisance pondérale dans le monde en développement.
    • Les enfants des zones rurales ont deux fois plus de chances de souffrir d’insuffi sance pondérale.
    • Dans certaines régions, la prévalence des enfants souffrant d’insuffisance pondérale est nettement plus élevée chez les pauvres.
    • Plus de 42 millions de personnes ont été déracinées par les conflits ou les persécutions.