6 Promouvoir l’égalité des sexes

Où en sommes-nous ?


Les femmes ont un rôle-clé dans la Santé. Photo: PNUD

La poursuite de l’OMD 3 dans le contexte social du Sénégal se justifie pleinement par le rôle de la femme dans la famille. La femme a des responsabilités sociales dans l’éducation des enfants, la prise en charge des malades et l’alimentation de la famille, entre autres. C’est pourquoi son niveau d’éducation est important. Ainsi, l’atteinte de l’OMD 3 peut faciliter l’atteinte des OMD 1 à 5.Cette responsabilité de la femme au Sénégal est accentuée par la part des femmes dans la population sénégalaise (52%) et l’augmentation de la proportion des femmes chefs de ménage qui est passé de 20% en 2005-2006 à 27,4% en 2011. Dans la région de Dakar, qui regroupe ¼ de la population sénégalaise, les femmes représentent 39% des chefs de ménages.

Le Taux Brut de Scolarisation (TBS) des filles est passé de 62,3% en 2000 à 98,6 % en 2011, contre 71,9% en 2000 et 89,5% en 2011 pour les garçons. En conséquence, l’indice de parité filles/garçons dans l’élémentaire est ainsi passé de 0,9 en 2000 à 1,1 en 2011. Dans le cycle moyen, le pourcentage de filles est passé de 39,7% en 2000 à 48,4% en 2011. Au niveau du supérieur, les étudiantes représentaient 30,6% des effectifs en 2005 et 35,3% trois ans plus tard.

     Tableau : Evolution du taux brut de Scolarisation

Taux Brut de Scolarisation

2000

2005

2011

Filles

62,3 %

78,0 %

98,6 %

Garçons

71,9 %

83,0%

89,5%

       Source : MEN/DPRE

Au niveau de l’alphabétisation, 40,4% des femmes sont encore moins alphabétisées, contre 66,3% pour les hommes.  Dans tous les milieux de résidence, les hommes sont plus alphabétisés que les femmes : 79,9% contre 58,7% à Dakar urbain, 75,9% contre 50,4% dans les autres centres urbains et 54,1% contre 27,2% en milieu rural.

En termes d’accès aux pouvoir politique, le Sénégal fait partie des pays ayant adopté en 2011 une loi sur la parité homme – femme pour les élections nationales et locales. En conséquence, la proportion de femmes à l’Assemblée Nationale est passée de 19% en 2001, 22% en 2007 à 43% en 2012.

L’accès aux revenus du travail reste encore asymétrique en défaveur des femmes. Le taux de chômage des femmes est estimé à 13,4% en 2010, contre 7,9% pour les hommes et le taux d’activité des hommes (68,5%) est supérieur à celui des femmes (44,5%) en 2011. Par contre en milieu rural, le taux d’activité des femmes est nettement supérieur (50,2%) à celui des hommes (44,3%).

Progrès réalisés par le Sénégal pour atteindre l’OMD 3

Les progrès réalisés vers l’OMD 3 ont trait à l’accélération de l’insertion des filles dans le système éducatif sénégalais. Sur le plan de la représentation politique, les progrès sont effectifs avec la loi sur la parité adoptée par le Sénégal. De même, la parité totale garçon-fille, observées au niveau de l’enseignement primaire, devrait se prolonger au niveau des cycles moyen et secondaire.

Les progrès de la scolarisation des filles dans les enseignements élémentaire, moyen et secondaire résultent principalement des actions de sensibilisation et d’appui pour le maintien des filles à l’école, mais aussi du rapprochement de l’offre et de la demande à travers les collèges de proximité, particulièrement en milieu rural.

Les résultats montrent qu’il existe de bonnes pratiques dans la poursuite de l’OMD 3, notamment en ce qui concerne l’éducation des filles. Les politiques de promotion de l’accès des filles aux filières scientifiques, industrielles et technologiques ont davantage ciblé les régions à faible taux d’accès des filles à l’éducation.

Le Gouvernement sénégalais, avec l’appui de ses partenaires, a réalisé des actions spécifiques et ciblées pour attirer et retenir les jeunes filles à l’école. Parmi ces actions, on peut citer l’instauration d’écoles franco-arabes à proximité des foyers religieux, l’installation de puits à pompe pour épargner les filles des corvées d’eau, la construction de latrines séparées et la création et l’implication de réseaux d’enseignantes pour sensibiliser les parents sur l’importance de l’éducation des filles. Ces actions sont coordonnées par un Cadre de coordination des interventions pour l’éducation des filles.

Du côté de la formation et de l’emploi, les stratégies transversales de genre, avec les orientations de la Nouvelle Politique Nationale de l'Emploi (NPNE), ont développé les capacités entrepreneuriales des femmes en renforcant leurs compétences professionnelle et technique.

Mesures prioritaires

La principale mesure consiste à accélérer la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour l’Egalité et l’Equité de Genre (SNEEG), sur la période 2005-2015. Cette stratégie dispose (i) d’un cadre global de référence qui clarifie la vision du pays en matière de genre et (ii) d’un instrument opérationnel qui permet de rendre visible les questions de genre dans la société, de proposer les mesures appropriées pour lever les contraintes à l’égalité entre les hommes et les femmes et d’obtenir les changements souhaités en matière de genre.

1.36 années
d'ici
à 2015

1990 2015
Cibles
  1. Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard
    • Dans certaines régions, le droit à l’éducation reste hors de portée.
    • La pauvreté est un obstacle majeur à l’éducation, surtout parmi les fi lles plus âgées.
    • Dans toutes les régions en développement, CEI exceptée, les hommes sont plus nombreux que les femmes à avoir un emploi rémunéré.
    • Les femmes sont largement reléguées dans des formes d’emploi plus précaires.
    • Les femmes sont surreprésentées dans le secteur informel, avec son absence de sécurité et d’avantages sociaux.
    • Les emplois de haut niveau sont encore majoritairement réservés aux hommes.