Pour un moyen efficace de préserver la biodiversité


28 RNC sont créées avec l’appui du PNUD pour plus de 577 000 hectares - Credit Photo : PNUD Senegal - Djibril SY

Au Sénégal, les projets éco-villages et de gestion intégrée des écosystèmes financés par le PNUD et le FEM ont permis une restauration des écosystèmes.  Les résultats sont remarquables. Les émissions de CO2 dues à la dégradation des forêts ont été considérablement réduites. Les Réserves naturelles communautaires (RNC) sont également plus efficaces et moins coûteux pour la régénération des écosystèmes. Les populations demandent la création d’autres RNC.

A retenir

  • Création de 26 Réserves Naturelles Communautaires couvrant une superficie de plus de 577 000 ha et dotées de plans locaux d’aménagement et de gestion communautaire des ressources naturelles, adoptés et en cours de mise en œuvre ;
  • 16 pépinières communautaires intégrées sont créées et équipées pour la production de plants forestiers et fruitiers;
  • 3 000 foyers améliorés métalliques et 5 000 en banco confectionnés et distribués aux ménages ;
  • 538 km de pare feu entretenus dont 375 km bordés par des espèces à usages multiples ; 220 villages équipés en petit matériel de lutte contre les feux de brousse ; 1 000 ha de régénération/restauration des espaces dégradés avec des espèces locales réalisés.

Pour faire face à la dégradation des écosystèmes, le PNUD en cofinancement avec le FEM a appuyé l’Etat du Sénégal dans l’élaboration et la mise en œuvre des projets éco-villages et de gestion intégrée des écosystèmes. Ces projets ont accompagné les communautés locales dans la protection et le renforcement des espaces boisés en les érigeant en Réserve naturelle communautaire (RNC). Ces RNC sont aménagées avec des modes d’accès aux ressources naturelles qui s’inspirent largement des bonnes pratiques et des savoir-faire locaux.

A ce jour, 28 RNC sont créées avec l’appui du PNUD pour plus de 577 000 hectares, améliorant ainsi de plus de 5 % la superficie des terres classées du pays. Ces réserves servent d’interconnexion entre les  écosystèmes et des zones tampons autour des noyaux centraux, des parcs nationaux et des réserves de faune et fonctionnent comme des réserves de biosphère.

Le Millenium Ecosystem Assessment souligne que près de 2/3 des écosystèmes mondiaux sont menacés. Il s'agit là d'une prise de conscience d'une immense perte de biodiversité,  de la mise en péril de notre société basée sur l’exploitation des écosystèmes. En plus de faire vivre 1,6 milliard de personnes, les forêts tropicales fournissent de nombreux services environnementaux à l'ensemble de la Terre. L'enjeu est donc de taille. Il devient urgent de diminuer rapidement la déforestation tropicale et de restaurer les écosystèmes forestiers dégradés au cours des dernières années.

Au Sénégal, dans le contexte actuel de la décentralisation, le gouvernement a peu de possibilités de classer de nouvelles terres en aires protégées pour la préservation de la biodiversité et d’honorer ses engagements d’élever le taux national des terres classées de 8 à 12 % conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). D’où toute la pertinence des réserves naturelles communautaires. 

La création de ces réserves est à l’initiative des organisations communautaires riveraines des aires protégées, au terme d’un processus d’animation et de sensibilisation mené par le Projet.  Les réserves naturelles communautaires sont d’anciennes jachères, des massifs forestiers communautaires ou de mangroves situées dans des terroirs, en dehors du domaine forestier de l’Etat.

Leurs affectations font l’objet de délibérations au profit d’un groupe de villages  par les conseils ruraux concernés et approuvées par l’autorité administrative compétente. Chaque village impliqué met en place un Comité Villageois de Développement (CVD). L’ensemble des CVD d’une même RNC s'organisent en Comité Inter-villageois de Développement (CIVD) qui assure la coordination des activités de protection, de valorisation et de gestion des ressources naturelles dans ce terroir.

Ces organes élaborent également un plan d'aménagement de l’espace et de gestion des ressources naturelles du terroir y compris la RNC. Dans leurs activités figurent la création de pare-feu, la surveillance des ressources du terroir par les éco-gardes (volontaires villageois). Ils reboisent aussi. Ils mettent également en place une mutuelle d'épargne et de microcrédits, régulent l’accès aux ressources des écosystèmes.

Les  CIVD disposent également d'un réseau de mutuelles d'épargne et de crédit, pour le financement des porteurs locaux  de projets individuels ou collectifs actifs dans la gestion des ressources naturelles. Un pourcentage des bénéfices des mutuelles vertes alimentent un fonds pour l’environnement pour l’entretien des pare-feu, la production de plants et le reboisement. Seule contrepartie : on vérifie que le demandeur s’engage dans des travaux d’intérêt général, comme l'entretien des pare-feux qui entourent les réserves.

Les CIVD sont également fédérés en un réseau, le CINTER. Ce réseau fédérant les RNC dans les sites d’actions du projet bénéficie d’un statut d’association et sera érigé en ONG pour accompagner le désengagement du projet et poursuivre la consolidation des acquis, la gestion du réseau des mutuelles vertes et la réplication des RNC pour répondre à la forte demande de communautés villageoises d’en créer de nouvelles.

LES RNC PERMETTENT DE LUTTER CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Une  étude menée dans les RNC a permis de mettre au point un modèle qui quantifie de manière rigoureuse les réductions d'émissions de CO2 dues à la dégradation des forêts. En 5 ans, cette étude  a conclu que les RNC créées avec l’appui du PNUD ont eu des impacts certains sur l'environnement mondial, avec la réduction des émissions de 2 295 000 tCO2e (tonnes CO2 équivalents). Ces résultats concernent seulement les huit RNC autour du Parc National du Niokolo Koba.  Soit une réduction des émissions cumulées par hectare  de   9,74 tC02e en 2010 et de 25,15 tC02e en 2030. Pourtant, la déforestation en zone tropicale représente entre 15 et 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C'est le deuxième contributeur anthropique des changements climatiques.

LES RNC CONTRIBUENT A L’EFFORT NATIONAL DE REBOISEMENT

Un inventaire de la situation de référence des ligneux et des herbacées a été  réalisé au moment de la création des RNC. Quatre ans après, en comparant les résultats par rapport à l'évolution de la biomasse dans les zones de référence hors RNC, des gains nets en volume de 1,7 à 2,4 m3 par hectare et par an ont été observés pour un accroissement moyen annuel par hectare de 97 plants de plus de 5 cm de diamètre. Soit pour les 577 000 hectares de RNC, l’équivalent d’un effort de reboisement annuel moyen de  55 969 000 plants.

La Division Aménagement Forestier de la Direction des Eaux et Forêts estime le coût d’un plant produit en pépinière à 350 F. Il aurait fallu un investissement de près de 20 milliards de francs Cfa par an pour reboiser les mêmes superficies que les RNC créées avec le PNUD avec les mêmes résultats.

Les RNC comme forme de restitution de la propriété foncière des espaces boisés aux populations, plus généralement la mise en défens et la régénération naturelle assistée, constituent donc une technique alternative à la méthode de reboisement par plants produits en pépinière. Elles sont plus efficaces et moins coûteux pour la régénération des écosystèmes forestiers.

Cette régénération concerne également les 31 espèces endémiques, c'est-à-dire qui n’existent qu’au Sénégal et celles mondialement menacées, figurant sur la liste rouge de l’UICN et de l’annexe 2 de la Convention de Washington (CITES).

Enfin, les RNC jouent un rôle important dans l'adaptation aux changements climatiques, l’amélioration et la diversification des moyens d’existence des populations. Avec la création des RNC, des populations vulnérables du milieu rural bénéficient d'un retour de la couverture végétale et des activités alternatives permettant de diversifier et de renforcer leurs revenus : plantes médicinales, fruits sauvages, miel, pâturages, gibier, écotourisme, bois de service, bois d’œuvre, bois d’énergie, etc.

Publications
Rapport National sur la Bonne Gouvernance au Sénégal - Janvier 2013

Ayant élaboré en 2002 un programme national dédié à relever les défis de bonne gouvernance, le Sénégal a manifesté sa volonté de s’engager résolument dans la voie d’une nouvelle gouvernance.

Rapport National sur le Développement Humain au Sénégal 2009

Compte tenu de la spécificité de la Série des Rapport sur le Développement humain initiée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),  du débat sur les changements climatiques et sur les problèmes que connaissent les pays en développement, l’approche conceptuelle du rapport est articulée autour du décryptage des relations complexes qui peuvent exister entre les termes du triptyque

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