L’entreprenante Aida Ba profite de l’encadrement de l’Adel


Aida Ba dans son atelier - Credit photo : PNUD Senegal - Djibril SY

A 26ans, Madame GAYE, née Aïda BA, gère un atelier de couture dans la commune de Louga en face de l’Hôtel Elisabeth. Une vie de mère peu gratifiante et un époux qui nourrit une grande confiance en elle, lui ont donné l’envie de s’accomplir autrement afin de servir de modèle pour les femmes de sa génération.Son ambition est de trouver un équilibre économique et social dans le développement de son entreprise et l’accomplissement de ses devoirs de femmes au foyer, tout en vivant pleinement sa croyance islamique.

A retenir

  • Aida Ba a pris contact avec ADEL en 2012 et s'est inscrite au parcours de l'entrepreneuriat local.
  • Une première session sur le cycle des affaires en février 2013, a renforcé ses capacités de leader, tout en favorisant l’émergence de prés dispositions pour être une bonne chef d’entreprise
  • En mars 2013, elle fut sélectionnée parmi les entrepreneurs devant suivre une formation sur la gestion financière, dont le module portait sur la tenue du journal de caisse
  • Auparavant elle n’arrivait pas à épargner, alors que maintenant tous les mois elle parvient à économiser 20 000 FCFA qu'elle verse dans un compte d’épargne.

 

Je suis née en 1987 à Louga dans le quartier Keur Serigne Louga. Je suis mariée sans enfant et vis avec mon mari.

Issue d’une famille pauvre, j’ai vécu avec une mère divorcée qui ne parvenait pas à joindre les deux bouts. A 10 ans, j’ai été obligée d’abandonner mes études en classe de CE2, afin de venir en aide à ma mère qui avait des difficultés pour payer son loyer de 3000 FCFA. C’est ainsi que, j’ai embrassé le métier de femme domestique en 1997. Je me souviens, quand j’ai trouvé un employeur, j’avais juste demandé un salaire mensuel de 3500 FCFA, afin de couvrir le loyer et avoir de quoi m’acheter des sandales.

Deux mois plus tard, j’avais quitté ce travail pour rejoindre ma tante dans le quartier Santhiaba. Cette dame, vendeuse de légumes a guidé mes premiers pas vers les affaires. Pourtant, j’avais toujours rêvé de devenir policière, mais Dieu en a décidé autrement.

A l’âge de 15ans, je me suis mariée avec Birahim GAYE, un jeune couturier de ma ville natale qui m’initia à son métier. Il décida par la suite de m’envoyer chez un de ses amis pour que je puisse terminer mon apprentissage. Entre temps, mon mari partit à Dakar pour un emploi salarié d’une durée de quatre ans. De retour à Louga en 2008, il a ouvert un atelier de couture et m’a recruté pour le seconder dans la gestion de l’entreprise. Avec ma spécialité de couturière de tenues féminines, je m’occupais de la commande de nos clientes.

Après quelques années d’exercice, Birahim a découvert en moi une force de vente exceptionnelle, c’est alors qu’il décida de me confier l’écoulement de nos produits. Un poste que j’ai occupé jusqu’en 2012, année à laquelle, j’ai rencontrée l’ADEL de Louga, une structure d’encadrement et de promotion de l’entreprenariat local.

Dès mes premiers contacts avec l’ADEL, j’ai senti la naissance d’une confiance interne qui peut être dormait en moi. Et là je me suis dit voilà ce dont je rêvais pour booster notre entreprise. Ainsi je me suis inscrite au parcours de l’entreprenariat local développé par l’ADEL. Cette inscription m’a permis de suivre deux sessions de formation.

Une première session sur le cycle des affaires en février 2013, a renforcé mes capacités de leader, tout en favorisant l’émergence de prés dispositions pour être une bonne chef d’entreprise. D’ailleurs, c’est la principale motivation qui a poussé mon mari à me confier la gestion de notre entreprise. Suite à cette promotion, je me suis rapprochée davantage de l’ADEL de Louga, afin de bénéficier d’une deuxième session sur la gestion d’une entreprise.

C’est ainsi qu’en mars 2013, je fus sélectionnée parmi les entrepreneurs devant suivre une formation sur la gestion financière, dont le module portait sur la tenue du journal de caisse.  Ce module très instructif en manière de gestion, au-delà de m’offrir une photographie de mes finances, a corrigé mes erreurs dans le choix des dépenses aussi bien au niveau de l’entreprise qu’au niveau familial. Aussi, je me suis rendue compte que la plupart des ressources de l’entreprise était consommée par des dépenses inopportunes ou facultatives.

Fort de ce constat, je me suis mise dans un processus de réorganiser mon entreprise afin de profiter au maximum des retombées, qui ont considérablement augmentées à la suite de l’accompagnement que j’ai reçu de l’ADEL. En effet, auparavant je n’arrivais même pas à épargner, alors que maintenant tous les mois je parviens à économiser 20 000 FCFA que je verse dans un compte d’épargne. En plus, je me suis inscrite dans une dynamique de développement de mon entreprise avec en perspective, l’ouverture d’un point de vente et d’une mercerie.

 

En somme, je peux dire que mon parcours avec l’ADEL, m’a donné plus d’assurance et j’en suis fière. Financièrement, je ne suis pas encore stable, toutefois avec mes projets en vue, j’ose espérer une plus grande autonomie.