L’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) renforce son action

10 oct. 2017

Les participants à l'atelier organisé par l'OFNAC prennent connaissance du nouveau plan stratégique de l'institution de lutte contre la corruption. Crédit photo: PNUD Sénégal/ Aude Rossignol / 2017

Afin de contribuer à la promotion de la bonne gouvernance dans les secteurs publics et privé et pour mettre en place une organisation à même d’assurer ses missions, l’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) vient de se doter d’un plan stratégique rendu public à Dakar ce 10 octobre.

Cet organe autonome a pour mission la prévention et la lutte contre la fraude, la corruption, les pratiques assimilées et les infractions connexes. Ayant les prérogatives d’auto-saisine, d’investigations et de saisine de la justice, il vise la promotion de l’intégrité et la probité dans la gestion des affaires publiques. Cette institution a été créé en 2012 par l’Etat du Sénégal dans un souci de garantir une bonne gestion des ressources publiques, conscient des défis à relever dans la lutte contre la corruption.

Le plan stratégique élaboré avec l’appui du PNUD s’inscrit dans la continuité des efforts déjà menés par l’OFNAC. Il permet de partager la vision que l’institution s’est fixée pour les prochaines années et d’accroitre son efficacité et son efficience dans la lutte contre la fraude et la corruption.

L’adoption à l’interne du plan stratégique retrace les grands axes d’intervention de l’institution pour atteindre des objectifs clairs. Il constitue une réelle feuille de route pour les cinq années à venir. Le plan stratégique s’inscrit dans la volonté de réduire significativement la lutte contre la corruption, véritable enjeu de développement.  En effet, une récente enquête de la Banque Mondiale a révélé que 23,8% des représentants des ménages et fonctionnaires ont déjà été mis au courant d’au moins un cas de corruption. L’Union Africaine quant à elle considère que la corruption coût aux économies du continent plus de 25% du PIB africain. L’étude de perception et des coûts de la corruption récemment réalisée en fin 2016 par l’OFNAC avec l’appui du PNUD, indique quant à elle que Le secteur public est perçu comme celui où les cas de corruption sont les plus nombreux (93%). Les sous-secteurs du public les plus touchés sont la sécurité publique, constituée de la police et de la gendarmerie (95,9%), la santé (29,2%) et l’éducation (26,1%).

La corruption, un frein au développement

Le PNUD soutient l’OFNAC depuis 2015 avec un budget de 840 000 USD pour la réalisation d’un certain nombre d’activités, parmi lesquelles des actions de sensibilisation et de plaidoyer, l’appui à la réalisation de missions d’enquêtes et d’investigation, etc.

Lors de l’atelier de partage du plan stratégique de l’OFAC, M. Mathieu Ciowela, Directeur Pays du PNUD, a rappellé que « La corruption, aujourd’hui considérée comme un véritable CANCER, viole la jouissance des droits de l'homme, dans ses dimensions économique, sociale et politique, en touchant en particulier les segments les plus pauvres de la société qui souffrent ainsi, de manière disproportionnée, de ses conséquences. Globalement, la corruption est un frein au développement. Elle menace les droits de l'homme, la paix et la sécurité. »

La présidente de l’OFNAC a quant à elle souligné qu’ « Avec ce document stratégique, les mois à venir seront déterminants dans la mise en œuvre effective des activités du Plan tournées vers la consolidation de la Bonne Gouvernance au Sénégal. (…) Les axes et objectifs stratégiques ainsi que les cibles seront ajustés au fur et à mesure, selon l’évolution du contexte socio-économique et des priorités de l’OFNAC à l’aune des nouvelles méthodes de lutte contre la fraude et la corruption. »

Le Sénégal a sur le plan international ratifié tous les instruments de lutte contre la corruption, notamment la Convention des Nations Unies contre la Corruption et la Convention de l’Union Africaine sur la Prévention et la lutte contre la corruption. Le pays s’est ainsi engagé dans la traduction en acte concret de ses engagements contre la corruption en mettant notamment en place un dispositif composé du Ministère chargé de la gouvernance, l’Inspection Générale d’Etat, la Cour des Comptes, l’Agence de Régulation des Marchés Publics et l’OFNAC.

Le défi aujourd’hui étant d’enclencher le processus d’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption afin d’opérationnaliser le plan stratégique en actes concrets.

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UNDP-SN-OFNAC.Aude.Rossignol.2017-15

Quelques résultats du projet d'appui au développement institutionnel de l'OFNAC, soutenu par le PNUD: 

o   Amélioration du classement 2014, 2015 et 2016 au niveau de l’indice de Transparency sur la perception de la corruption où le Sénégal a été classé respectivement 77ème, 69ème et 64ème sur une moyenne de 175 pays;

o   Adoption d’un plan stratégique de l’OFNAC pour la période 2017-2021; 

o   Organisation d’activités de sensibilisation qui ont permis de distribuer 62 188 supports de communication dans les administrations centrales et locales, de toucher plus de 200 établissements scolaires dont 57 000 élèves et 398 leaders d’opinion;

o    Le cadre de concertation des acteurs impliqués dans le secteur a été mis en place : 4 Foras citoyens ont été organisés à Louga, Kaolack, Diourbel et Dakar. Au total, plus de 500 personnes représentant 11 catégories d’acteurs ont été touchés (centrales syndicales, secteur privé, société civile, commandement territorial, étudiants et media);

o   Création du Collectif des femmes leaders de Thiès, visant la mobilisation et la sensibilisation contre la corruption;

o   15 cellules d’intégrité ont été mises en place dans les établissements scolaires et universitaires de Bambey, Thiès et Diourbel contribuant ainsi à la diminution de la fraude et les tricheries lors des examens de juillet 2016.