Allocution de Monsieur Mathieu CIOWELA - Conference ministerielle sur l'Etat de droit et la lutte contre la corruption en Afrique

2 juin 2015

Hotel King Fahd Palace - Dakar, le  2 juin  2015

Monsieur Mathieu CIOWELA

Directeur Pays du PNUD

 

Monsieur le Secrétaire Général du Ministère de la Justice du Sénégal ;

Madame le Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice du Sénégal ;

Messieurs les représentants du Ministre des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur ;

Monsieur le Directeur du Centre d’état de droit et lutte contre la corruption du Qatar ;

Mesdames, Messieurs les Experts, représentants des différents Ministères de la Justice et organisations ici présentes ;

Mesdames, Messieurs, chers collègues ;

Distingué invités,

C’est pour moi un réel plaisir de m’exprimer, au nom du Programme des Nations Unies pour le développement, en prélude à cette importante conférence ministérielle organisée par le gouvernement du Sénégal, du Qatar, et le  PNUD autour du thème sur « le renforcement de l’état de droit et la lutte contre la corruption en Afrique».   Je voudrais saluer la présence d’experts de haut niveau, venus de divers horizons professionnels, pour prendre part à la réunion de ce jour, réunion préalable à la conférence.  

Permettez-moi, de remercier le Ministre de la Justice du Sénégal, le Ministre des Affaires Etrangères et des Sénégalais de l’Extérieur et leurs services compétents, qui n’ont ménagé aucun effort dans la préparation de cette conférence. Je voudrais, particulièrement, rendre un hommage mérité au comité scientifique et au comité d’organisation qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’organisation des présentes assises.

Je souhaite enfin féliciter le gouvernement du Qatar pour son partenariat dans l’organisation de cette conférence qui, offre aux délégations venues de  vingt (20) pays africains, du Qatar, de la Corée du Sud Singapour et du PNUD, l’occasion de partager leurs expériences sur les politiques, pratiques et stratégies de renforcement de l’état de droit et de la lutte contre la corruption, socle du développement durable.

Le PNUD, notre organisation se réjouit ainsi de l’organisation de cette conférence pour l’importance du thème consacré. En effet, l’état de droit et la lutte contre la corruption sont indispensables au développement humain durable.

 

Mesdames, Messieurs,

Comme vous le savez, la primauté du droit est un sujet d’intérêt majeur pour l’Afrique, au moment où la majorité des pays  entame une forte reprise de la croissance économique et est engagée dans un processus d’émergence, mais se trouve également  confrontée à des menaces contre la paix et la sécurité. En effet,  l’Etat de droit, en assurant l’équité et la justice sociale, est un facteur qui contribue au maintien de la paix et de la stabilité dans nos pays, à la mise en place des institutions fortes ; et  protège contre la corruption; bref l’état de droit est indispensable pour le développement durable.

Pour ce faire, les Etats africains doivent s’engager, de manière plus résolue, à renforcer le respect du droit qui est le meilleur rempart contre toutes les injustices et tous les fléaux.

La  corruption, quant à elle, est sans aucun doute un des  défis  majeurs  qui se pose à la gouvernance et au développement de l’Afrique. En 2014, l’indice de Perceptions de la Corruption de Transparence International renseigne que les pays africains, exceptés le Botswana, le Cap Vert, Maurice et Seychelles, ont enregistré une note inférieure à 50 sur une échelle qui va de 0 pour les pays plus corrompus à 100 pour les plus intègres.  Cette faible note dénote un recours systématique à des pots-de-vin, l’absence de sanctions en cas de corruption et une inéquation entre les activités de l’administration et les besoins de la population.

 

La corruption  a un effet dévastateur et corrosif sur le progrès, la stabilité et le développement du continent et constitue une entrave à la croissance économique car elle décourage les investissements étrangers, inhibe les potentialités locales,  augmente les coûts des affaires, rend les économies moins compétitives et prive l’état des ressources importantes pour le financement des services de base et des investissements publics, bref de la lutte contre la pauvreté. Le continent africain perd ainsi chaque année plus de 50 milliards de dollars du fait de la corruption.   Sur le plan politique, la corruption sape l’État de droit, en affaiblissant  les institutions publiques, le respect des droits humains,  ainsi que  la transparence  dans la gestion des affaires publiques.

 

La corruption devient si inquiétante en Afrique que bon nombre de  gouvernements africains ont souscrit à la convention des Nations Unies contre la corruption et à la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption adoptée en 2003.  Ils ont par ailleurs adopté en 2007, la Charte africaine  de la démocratie, des élections et de la gouvernance et ont mis en place des politiques et des instruments  pour renforcer l’état de droit et lutter contre la corruption,  améliorer la transparence et la reddition des comptes.   C’est aussi l’occasion de reconnaitre les progrès enregistrés dans le domaine et de souligner que beaucoup reste à faire.

 

Mesdames, Messieurs

 

L’absence de l’état de droit et la corruption sont un frein au développement. En effet,  ils découragent l‘investissement, affaiblissent les institutions, étouffent l’initiative privée, et constituent, de surcroit, un frein à la mise en place d’un environnement favorable pour soutenir l’émergence des pays africains.

 

A ce propos,  Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies a souligné dans son rapport sur l’avancement du processus sur le développement durable ou agenda post 2015 que  “la paix, la stabilité, les droits humains, une gouvernance effective basée sur l’état de droit ainsi que la transparence des institutions sont les résultats et les catalyseurs du développement ».

 

Je saisis cette occasion pour encourager les gouvernements représentés à persévérer dans cette voie et à poursuivre leurs efforts pour renforcer les mécanismes de prévention et de répression de la corruption, promouvoir un état de droit, garantir les libertés, instaurer et consolider la bonne gouvernance par la promotion de la pratique et de la culture démocratique, la reddition des comptes, l’édification et le renforcement des institutions de gouvernance.  La société civile, pour sa part, devra  poursuivre sans relâche ses actions de contrôle citoyen et de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes.

La réunion des experts, organisée en prélude à la conférence des ministres,  nous offre l’opportunité d’échanger de manière critique sur toutes ces  questions  que je viens d’évoquer mais également sur les réponses apportées par vos pays respectifs.  Pour enrichir cette réflexion,  le PNUD a commandité une étude d’état des lieux de la situation dans les pays invités afin de mieux d’appréhender les contraintes et défis et de collecter les bonnes pratiques et d’éclairer les décideurs à prendre en charge les préoccupations soulevées.

Mesdames, Messieurs les experts,

Il vous appartiendra de compléter les informations livrées et de les enrichir, mais aussi de profiter d’un échange d’expériences fructueux.

Au-delà du diagnostic  de la situation de  l’Afrique, la réunion  des experts devra mettre l’accent sur les initiatives conjointes thématiques que nos Etats pourront développer pour renforcer la primauté du droit et juguler le fléau de la corruption. A ce titre, le PNUD a pensé, également enrichir le débat avec le partage d’expériences d’autres pays comme la Corée du Sud, la Malaisie et Singapour dans le cadre de la coopération sud-sud.

Dans l’esprit de cette importante rencontre, Je voudrais  souligner la disponibilité du Programme des Nations Unies pour le Développement à partager sa riche expérience de Programmes d’état de droit et de lutte contre la corruption mis en œuvre à travers 189 Bureaux Pays.

Je voudrais, pour terminer mon propos, souhaiter à tous des échanges et discussions riches durant cette journée et les deux prochains pour un partage de connaissances et d’innovations qui permettront, sans nul doute, d’avoir une meilleure approche de la primauté de droit.

Je vous remercie de votre bien aimable attention.

CHOUKRAN, THANK YOU, OBRIGADO, MERCI

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