Allocution-DP-etude-corruption

20 déc. 2017

Cérémonie de restitution de l’étude sur la Perception et le Coût de la Corruption au Sénégal

20 décembre 2017, Dakar, Sénégal

 

Allocution de Monsieur Mathieu CIOWELA, Directeur Pays du PNUD

 

Monsieur le Conseiller Spécial du Premier Ministre, représentant le Premier Ministre ;

Madame la Présidente de l’Office National de lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) ;

Honorables Députés ;

Mesdames et Messieurs les membres du Haut Conseil des Collectivités Territoriales ;

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Economique, Social et Environnemental ;

Monsieur le Vice-président de l’OFNAC ;

Mesdames et Messieurs les membres du Collège de l’OFNAC ;

Mesdames et Messieurs les Partenaires Techniques et Financiers ;

Mesdames, Messieurs les représentants du patronat et des syndicats ;

Mesdames, Messieurs, Acteurs du secteur privé et de la société civile ;

Mesdames, Messieurs les membres de l’administration de l’OFNAC ;

Mesdames, Messieurs les Directeurs et Chefs de services ;

Mesdames, Messieurs, représentants les Médias ;

Mesdames et Messieurs, Distingués invités ;

Au nom du Programme des Nations Unies pour le développement, l’honneur me revient de prendre la parole devant cette illustre assemblée, à l’occasion de la restitution du rapport de « l’Etude portant sur la perception et le coût de la corruption au Sénégal ». Je souhaite remercier Madame la Présidente de l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) pour avoir associé le PNUD à cet important atelier.

 

Monsieur le Conseiller spécial du Premier Ministre,

Permettez-moi d’adresser mes félicitations au Gouvernement du Sénégal qui a su faire de la promotion de la bonne gouvernance à la fois une priorité et un fondement de l’émergence, tel que réaffirmé à travers l’axe 3 du Plan Sénégal Emergent, document de référence de toutes les interventions de développement.  En effet, la transformation structurelle de l’économie du Sénégal requiert de solides institutions de gouvernance pour assurer la mobilisation des ressources tant humaines que matérielles, et la transparence et la responsabilisation dans la gestion de la chose publique (res publica).

Faut-il le rappeler, en 2016, Monsieur le Premier Ministre avait bien voulu honorer de sa présence le lancement de l’Etude, objet de la présente restitution, réalisée par l’Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption.

 

Mesdames, Messieurs, distingués Invités,

La rencontre d’aujourd’hui intervient dans un contexte où l’Afrique fait face à de nombreux défis de développement, parmi lesquels, la corruption, « fléau mondial » qui affecte la marche vers le développement et aggrave la pauvreté et les inégalités sociales. En effet, Global Financial Integrity indiquait dans son rapport de 2013 qu’entre 859 et 1.060 milliards de dollars sortent annuellement d’Afrique par des moyens Frauduleux.

 

Par ailleurs, le G20 estime que, je cite « 90 000 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures sont nécessaires entre 2015 et 2030 pour soutenir la croissance et le développement à l'échelle mondiale.  Pour protéger cet investissement, l'impact destructeur de la corruption ne doit pas être ignoré. Une contribution pleine et entière des secteurs publics et privés aux efforts mondiaux de lutte contre la corruption est donc nécessaire ».

Je souhaite rappeler que l’humanité entière a adopté depuis 2015 un nouvel agenda de développement : Agenda 2030 qui se traduit par 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), objectifs universels, transformateurs, intégrés, avec une portée étendue et centrée sur les populations. L’Agenda 2030 met en exergue le principe de « ne laisser personne pour compte » et focalise son action sur les cinq domaines clés dits les « 5 P » que sont : Peuple, Prospérité, Planète, Paix et Partenariat. Cet agenda reste un merveilleux outil de la communauté internationale pour construire un monde de prospérité, de paix et de développement pour tous.

L’un de ces ODD, à savoir l’ODD n° 16, porte sur « Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques, l’accès de tous à la justice et des institutions efficaces ». il prend en compte les facteurs tels que les inégalités, la corruption, la mauvaise gouvernance et les transferts illicites de fonds et d’armes qui engendrent la violence, l’insécurité et l’injustice. En particulier la cible 5 de cet ODD porte sur « Réduire nettement la corruption et la pratique des pots-de-vin sous toutes leurs formes »

 

Mesdames, Messieurs, distingués Invités,

La corruption si elle n’est pas combattue et éradiquée, affecte chacun de cinq P. Ainsi, j’aimerais saisir cette occasion pour partager avec vous deux messages clés.

Mon premier message est le suivant :

La prise en compte de la corruption permet de réduire les inégalités et reste incontournable pour les nations qui souhaitent édifier des sociétés pacifiques, justes et inclusives, qui offrent à tous un accès à la justice, fondées sur des institutions transparentes, efficaces et responsables. 

 

Mon deuxième message est donc le suivant :

Dans ses dimensions économiques, sociales et politiques, la corruption constitue une véritable plaie, un cancer qui freine le développement et affaiblit la primauté du droit ainsi que la qualité de vie des populations. La corruption, si elle n’est pas freinée, peut être un obstacle à la paix et la sécurité.

 

Mesdames, Messieurs,

A travers l’Etude de perception et du coût de la corruption, les sénégalais se sont exprimés pour attirer notre attention sur l’ampleur du phénomène. 93% des Sénégalais disent connaitre des pratiques de corruption. Concernant l’environnement de la corruption, le constat effectué révèle une bonne présence de celle-ci dans l’univers des Sénégalais. En effet, 95,3% dans le grand public et 61,7% chez les professionnels attestent la présence de la corruption dans leur environnement immédiat.

Enfin, les sénégalais estiment, pour 71,7%, que les cas de corruption sont imputables aux démembrements de l’Etat. Selon eux, 53% des cas sont également initiés par les citoyens.

Malgré cet état de fait, les sénégalais interrogés considèrent que des réponses peuvent être apportées pour lutter contre ce phénomène qui gangrène la société.

Nous savons tous que la société, quelle que soit sa rationalité, se heurte toujours à un paradoxe qu’est l’Homme. En effet, l’Homme est l’ultime symbole du conflit et du paradoxe. Par conséquence, le Sénégal de TOUS doit pouvoir permettre aux citoyens de tenir compte de certaines observations tirées de l’analyse du comportement humain.

 

Mesdames, Messieurs, distingués Invités,

 

Le Programme des Nations Unies pour le développement a pris la pleine mesure de ces défis qui nous interpellent tous en termes de changements transformationnels à opérer. Notre institution, dans cette perspective, renforce son engagement aux côtés du Gouvernement du Sénégal, aux côtés de l’OFNAC, pour faire de la lutte contre la corruption une priorité.

Dans cette dynamique, le PNUD s’engage à poursuivre le processus d’élaboration et de mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, mais aussi le renforcement de capacités de gouvernance des institutions, des acteurs de la société civile et du secteur privé, pour assurer un développement humain et économique durable.

Notre institution, dans le même esprit, maintiendra son appui à la Cour des Comptes, à l’Inspection Générale d’Etat et au Ministère en charge de la Bonne Gouvernance, pour la promotion des idéaux et principes de bonne gouvernance.

 

Mesdames, Messieurs, distingués Invités,

Faut-il le rappeler, les Nations Unies ont, par résolution A/RES/58/4 de l’Assemblée Générale, dédié une Journée internationale à la lutte contre la corruption, célébrée le 9 décembre chaque année dans le monde, et visant à sensibiliser le monde au problème de la corruption et à renforcer la lutte contre ce fléau qui : 

  • Freine le développement social et économique et accroît la pauvreté en détournant les investissements nationaux et étrangers des secteurs où ils sont le plus nécessaires ;
  • Affaiblit le système éducatif et le système de santé, privant ainsi la population des composantes fondamentales d’une vie décente ;
  • Mine la démocratie, car elle fausse le processus électoral et sape les institutions publiques, entraînant ainsi un risque d’instabilité politique ;
  • Exacerbe les inégalités et l’injustice en pervertissant l’État de droit et en sanctionnant les victimes d’infractions qui sont confrontées à des décisions de justice viciées.

 

Je voudrais partager avec vous un extrait du message de M António Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies à l’occasion de la Journée Internationale de la lutte contre la corruption 2017, je cite : « La corruption est un obstacle aux objectifs de développement durable. Le détournement des ressources nationales et étrangères lié à la corruption anéantit les progrès accomplis sur les plans économique et social et accentue la pauvreté. La corruption est préjudiciable à tous, mais ce sont les groupes pauvres et vulnérables qui en souffrent le plus ».

 

Avant de clore mon propos, Je voudrais saisir cette opportunité pour remercier le Gouvernement du Sénégal pour la confiance placée à notre organisation. Je voudrais également féliciter l’OFNAC, pour son dynamisme en engageant cette étude. Je félicite par ailleurs, l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie pour sa collaboration dans la réalisation de l’étude, et le Cabinet Synchronix pour son professionnalisme.

Je vous remercie de votre bien aimable attention.

 

 

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