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Ce 04 juillet 2018, dans le cadre du Projet de « Prise en charge des victimes de VBG par les forces de sécurité » une visite de terrain a été organisée dans les Commissariats de Rufisque et Guinaw Rail, pour effectuer le suivi sur site des acquis de la formation initiée depuis le mois de maiauprès des policiers et gendarmes.

Le PNUD, en partenariat avec le Ministère de la Femme, de la Famille et du Genre, l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS) et la Corée du Sud, développe un projet pilote intitulé « Prise en charge des victimes de VBG par les forces de sécurité ». Mis en œuvre dans les communes de Guinaw Rail et Thiaroye Gare, en partenariat avec les Départements de Dakar, Guédiawaye et Rufisque, le projet se base sur les constats des boutiques de droit, de l’Association des Juristes Sénégalaises et des structures de prise en charge des victimes ainsi que sur les besoins évoqués par les forces de sécurité relativement à la nécessité d’un meilleur renforcement de leurs capacités sur la prise en charge des victimes de VBG.  En effet, la formation des policiers et gendarmes est devenue fondamentale pour éviter les victimisations secondaires.

Mme Priya Gajraj, Représentante Résidente du PNUD, était à la tête de cette délégation également composée de représentants du Ministère de la Femme, de la Famille et du Genre et de l’Association des Juristes Sénégalaises, et les échanges avec les différents acteurs dans les sites visités ont été riches et instructifs. Au commissariat de Rufisque, deux personnels féminins ont été formés dans le cadre du projet : la commissaire et une enquêtrice. Une personne est en charge spécifiquement des enquêtes sur les VBG. Au commissariat de Guinaw Rail, deux effectifs ont été formés (un homme et une femme qui sont respectivement adjudant et enquêtrice), qui ont participé de manière continue aux différentes activités du projet et sont en cours de réflexion sur le plan interne pour améliorer la dynamique de leurs services pour offrir une prise en charge adaptée aux victimes.

Dans chaque commissariat, la délégation a rencontré les Commissaires (Commissaire Sanou Diouf à Rufisque, et Commissaire Ba Diédhiou à Guinaw Rail), mais également les enquêteurs points focaux VBG , qui ont hautement apprécié l’apport des formations sur la prise en charge des victimes dans leur pratique professionnelle. Ainsi, depuis la formation, des dispositifs adaptés à l’accueil et à l’audition des victimes ont été mis en place dans les locaux, avec une orientation systématique des victimes de VBG vers les Commissaires/ les enquêteurs points focaux VBG, et l’aménagement d’espaces propices à l’écoute des victimes pour les aider à mieux se sentir en confiance pour s’exprimer. Par ailleurs, l’attention et le temps accordés aux victimes de VBG ont été renforcés, ces cas étant considérés comme prioritaires. Les forces de sécurité ont également salué l’appui et le rôle de structures d’accueil des mineurs avec lesquelles ils travaillent en étroite collaboration.

Les visites ont également permis aux enquêteurs de partager les statistiques sur les victimes de VBG reçues entre janvier et juin 2018 (profil victime, profil auteur, type de violences, mode de saisine), mais également d’identifier les défis persistants au sein des commissariats ciblés afin que les victimes bénéficient d’une prise en charge adaptée. En effet, le processus d’investigation et l’audition d’une victime de VBG est une procédure complexe qui demande aux enquêteurs une formation spécifique et un grand professionnalisme, d’autant plus lorsque celle-ci est mineure. En effet, se rendre auprès d’un service de police ou de gendarmerie est une épreuve pour une victime. Lorsqu’est entreprise la démarche de déposer plainte, le fait de raconter son récit peut réveiller les souffrances de la victime et les renforcer si l’audition est menée de manière non adaptée. Ainsi, l’enquêteur doit être en mesure de l’accueillir en prenant en compte, au-delà de l’agression physique, les conséquences psychologiques de l’agression. La façon dont la victime est accueillie puis auditionnée est déterminante pour la suite de la procédure.

Ainsi, le rôle de l’enquêteur est multiple :

  • Eviter que la victime continue à subir des violences du fait de ne pas avoir été crue, d’avoir été mal accueillie et non aiguillée dans ses démarches dans les commissariats ou brigades ;
  • Participer à la réparation de ses souffrances par un accueil adapté, dégagé de jugements ;
  • Renforcer les droits de la victime à un procès équitable grâce à une audition adaptée permettant de recueillir son vécu ;
  • Favoriser le travail au sein d’un réseau de prestataires de services pour répondre aux urgences des VBG sur le plan médical, psychologique, social, économique et juridique.

Rappelons que la prise en charge des victimes de VBG revêt divers enjeux : i) humain (reconnaitre le vécu des victimes) ; ii) social (les violences cristallisent à la fois les souffrances de la victime mais également de ses proches, de la communauté  et de l’auteur) ; iii) économique (coût en santé publique sur le long terme de la non prise en charge des victimes de VBG) ; professionnel (nécessaire formation pluridisciplinaire des professionnels travaillant auprès des victimes de VBG) ; et iv) politique (investir dans la prévention précoce des VBG afin d’identifier les facteurs de risque de VBG et renforcer les facteurs de protection).

Le projet est articulé autour de trois volets :

  1. Le renforcement de capacités et connaissances des agents de la loi : police et gendarmerie sur la prise en charge des victimes de VBG ;
  2. La sensibilisation et le développement d’outils de plaidoyer à travers divers canaux et porteurs de voix ;
  3. Le renforcement du travail en synergie entre la police, la gendarmerie, les boutiques de droits et tous les acteurs locaux impliqués dans la lutte contre les VBG.

Dans le cadre du premier volet d’intervention, diverses activités ont déjà menées :

  •  Ateliers d’échanges et de dialogue organisés en vue de l’élaboration d’un guide pratique destiné aux policiers et gendarmes sur la prise en charge des victimes de VBG ;
  • Webinars organisés pour faciliter l’échange de connaissances entre la police coréenne et sénégalaise sur la lutte contre les VBG et le soutien aux victimes ;
  • Formations à l’attention des policiers et gendarmes pour permettre une appropriation du guide et le renforcement des compétences en matière d’accueil, d’écoute et de prise en charge des victimes de VBG ;
  • Rencontres d’échanges entre acteurs pour examiner les meilleures pratiques de l’expérience coréenne afin de les intégrer dans le guide de renforcement des compétences.

Les objectifs du cycle de formation sont les suivants :

  • Renforcer les connaissances des forces de sécurité sur la notion de “genre” et de “violences basées sur le genre” ;
  • Outiller les forces de sécurité sur la prise en compte du traumatisme des victimes dans le cadre de l’audition et de son impact sur la libération de la parole ;
  • Outiller les forces de sécurité sur les compétences nécessaires à l’audition et sur le processus d’audition des victimes majeures et mineures de VBG.

Pour plus d'information, contactez au PNUD :

Mme Seynabou Diaw Ba, Team Leader du Programme Bonne Gouvernance
seynabou.diaw.ba@undp.org - (221) 77 450 28 83 - 

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